Lo leberon, qu’es aquò ?
Quand la luna es redonda, mesfiatz-vos ! Lo leberon vos pessiguaria si vos trobava luenh-bas, per las charrieras… Es un ome que la nuech de luna bela suert de sa maison vestit d’una peu de lop qu’estuja jos lo fem de la bassa-cort. Las femnas, ço-disen : « Visatz-lo que vai querre sa peu ! » Perque fai aitau aquel òme ? Es un filh o reire-pitit-filh de curé maleficiat dumpei qu’a la Revolucion los presbtres se marideren !
Donc, es un malur d’esse nascut leberon… N’i a quitament que li fotrian un cop de fusilh mas paubre ! li pod res.
Chau que se leve per anar dins los boscs, a la caforcha daus chamins, per se far portar sus l’eschina daus voiatjors tardivols, mascat en lop.
Qu’est-ce que le loup-garou ?
Lorsque la lune est pleine, méfiez-vous ! Le loup-garou pourrait vous poursuivre, là-bas, sur les chemins…
Il s’agit d’un homme qui, les nuits de pleine lune, sort de sa maison vêtu d’une peau de loup qu’il cache la journée sous le fumier de la cour. Les femmes, entre elles, disent : « Regardez-le, qui va chercher sa peau ! » Pourquoi ces agissements ? Il faut dire que le loup-garou est petit-fils ou arrière petit-fils de curé, lorsqu’à la Révolution les prêtres assermentés à la Constitution civile du Clergé se marièrent s’ils le désiraient.
Donc c’est un malheur d’être né loup-garou : il y en a qui lui mettraient volontiers un coup de fusil.
Mais le pauvre, il n’y peut rien, s’il est victime d’une malediction. Irrésistiblement, il faut qu’il se lève pour aller courir les bois, au carrefour des chemins, se faire porter sur le dos des voyageurs attardés.