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mardi 5 décembre 2006— Dernier ajout lundi 31 août 2009

Arbres Vénérables

Le livre de Jérôme Hutin peut se regarder comme un splendide hommage à la beauté des « arbres vénérables », parfois millénaires, disséminés sur le globe.Ses images uniques nous sensibilisent aussi à la fragilité de ce patrimoine. L’arbre symbole d’une nature généreuse est souvent traité avec ingratitude. Rencontre avec un photographe explorateur sous l’arbre à palabres.

LF : Ce sont les arbres qui vous ont amené à la photographie ou l’inverse ?

J’ai une formation dans la photo, mais je suis avant tout un passionné de Nature depuis l’enfance. Au départ, je voulais faire de la photo animalière. La rencontre avec l’association Mathusalem Dordogne, qui a recensé en 1989 les arbres de la Liberté plantés à la Révolution, m’a sensibilisé aux vieux arbres. J’ai alors commencé un périple en France, puis en Europe, et enfin sur tous les continents pour collecter des clichés des plus beaux d’entre eux. Parfois, la Nature me fait le cadeau d’inviter des animaux sauvages près des arbres que je photographie, comme ces biches apparues au pied du « Jomon Sugi », le plus ancien Cryptomeria du Japon. Un clin d’œil à mon projet initial !

LF : La rencontre avec les arbres est aussi une rencontre avec des peuples et des pays ?

J’ai vécu mon tour du monde comme un véritable voyage initiatique. J’ai été ému par des arbres exceptionnels — châtaigner de 50 m de circonférence, olivier de 2 000 ans, séquoia de 97m de hauteur, ficus dont la frondaison dépasse les 100 m de diamètre… J’ai aussi été touché par les hommes qui savent vivre en harmonie avec eux et les protègent — minorités de Chine ou d’Afrique, aussi bien que botanistes et activiste écologistes d’Europe et d’Amérique. Mais au-delà de ces découvertes, c’est surtout un sentiment de révolte qui m’a animé face à la forêt pluviale de Tasmanie ravagée par les torches de napalm des entreprises forestières ou les arbres millénaires de Colombie Britannique transformée en pâte à papier.

LF : Alors vous êtes un militant écologiste ?

Je n’aime pas ce terme. Je me mobilise pour des causes qui dépassent la politique. En ce moment, je m’engage pour obtenir le classement des plus vieux arbres de la planète au patrimoine mondial de l’UNESCO. Je fais circuler une pétition sur mon site internet. Mon expo et mon projet de sentier botanique virtuel, présentant les plus grands arbres du monde en grandeur nature sont aussi un moyen de faire connaître, donc de protéger, ces trésors collectifs.

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