LF : Ce sont les arbres qui vous ont amené à la photographie ou l’inverse ?
J’ai une formation dans la photo,
mais je suis avant tout un passionné
de Nature depuis l’enfance.
Au départ, je voulais faire de la
photo animalière. La rencontre
avec l’association Mathusalem
Dordogne, qui a recensé en 1989
les arbres de la Liberté plantés à la
Révolution, m’a sensibilisé aux
vieux arbres. J’ai alors
commencé un périple en
France, puis en Europe,
et enfin sur tous les
continents pour collecter
des clichés des plus
beaux d’entre eux. Parfois,
la Nature me fait le
cadeau d’inviter des animaux
sauvages près des
arbres que je photographie,
comme ces biches apparues au
pied du « Jomon Sugi », le plus
ancien Cryptomeria du Japon. Un
clin d’œil à mon projet initial !
LF : La rencontre avec les arbres est aussi une rencontre avec des peuples et des pays ?
J’ai vécu mon tour du monde
comme un véritable voyage initiatique.
J’ai été ému par des arbres
exceptionnels — châtaigner de
50 m de circonférence, olivier de
2 000 ans, séquoia de 97m de hauteur,
ficus dont la frondaison
dépasse les 100 m de diamètre… J’ai
aussi été touché par les hommes qui
savent vivre en harmonie
avec eux et les protègent
— minorités de Chine
ou d’Afrique, aussi bien
que botanistes et activiste
écologistes d’Europe et
d’Amérique. Mais au-delà
de ces découvertes, c’est
surtout un sentiment de
révolte qui m’a animé face
à la forêt pluviale de Tasmanie ravagée
par les torches de napalm des
entreprises forestières ou les arbres
millénaires de Colombie Britannique
transformée en pâte à papier.
LF : Alors vous êtes un militant écologiste ?
Je n’aime pas ce terme. Je me mobilise pour des causes qui dépassent la politique. En ce moment, je m’engage pour obtenir le classement des plus vieux arbres de la planète au patrimoine mondial de l’UNESCO. Je fais circuler une pétition sur mon site internet. Mon expo et mon projet de sentier botanique virtuel, présentant les plus grands arbres du monde en grandeur nature sont aussi un moyen de faire connaître, donc de protéger, ces trésors collectifs.